Delta
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Bleu ciel

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Ven 20 Nov 2015 - 16:26

Rédigé un 3 novembre 2015

R, mon plus cher des amis

C’était en mai 2013 que débutait ce qu’était pour moi mon baptême d’amour. En effet, jamais auparavant, je n’avais encore ouvert mon cœur à autrui.

J’aimerais bien que tu tombes sur ce texte un de ces quatre. Au hasard, innocemment, candidement, comme on tombe en amour... Tu sais, je ne te l’enverrai jamais. À plusieurs reprises, je t’ai envoyé de longs pavés, exprimant ce que je ressentais, mais tu n’en avais que faire. Je ne referai plus cette même erreur, mais reste que j’ai cette envie irrépressible de t’écrire.

Nous l’avions déjà établi, ce n’était pas possible entre nous. Maudite soit la distance, j’aurais pourtant juré que nous étions fait pour être ensemble. Avec le temps, notre doux nuage s’est assombri pour finalement être dispersé par le vent.  Nous n’avons plus réellement d’affiliation, seuls des lambeaux de souvenirs subsistent.

Je ne suis plus ton amour, je ne suis plus ton meilleur ami, je ne suis plus ton frère, mais je resterai ton ange gardien. Tu sais bien, cette personne qui veille toujours sur toi, qui fera tout pour te remonter le moral. Volontiers, je me porterais garant de ton bonheur. Cette promesse qui implique tant de choses n’a pas été lancée en l’air un soir où je me sentais complètement enamouré. Non, elle a été réfléchie et pesée. Tu mérites ce qu’il y a de mieux, je peux te l’assurer. Je connais ton histoire, comme tu connais la mienne, et j’avais espoir de te faire vivre des jours meilleurs. Je me souviens que tu m’avais un jour comparé à une corde à laquelle te raccrocher, toi qui tombais dans un gouffre, un abysse. Comprends-tu, je voulais être cette oreille qui allait sincèrement toujours t’écouter, cette épaule qui pourrait toujours te soutenir…

Savoir que la solitude te ronge, malgré le fait que je me donne corps et âme pour te soutenir de mon mieux me tue. J’ai failli à l’unique résolution restante que j‘avais juré envers ta personne, et je m’en excuse.

Il paraît que le vin tourne rapidement au vinaigre. Bien sûr, je t’en ai voulu pour la détresse que j’ai ressentie lorsque nos chemins se sont séparés. Or, avec le recul, je comprends mieux que c’est tout un tas de facteurs qui ont mené à ça, aujourd’hui. Je dois t’avouer que mes bons sentiments ont peu à peu mués, passant à l’amertume, la rancœur et le ressentiment. Qu’importe, ma loyauté et mon allégeance, je te les ai jurés et ce ne sont pas des sentiments égoïstes qui les détourneront. En cas de nécessité, je refrénerai ces futiles émotions s’il advenait que ça nuirait à nos échanges, aussi rares soient-ils.

Tu te souviens de comment notre amitié a débuté? Deux âmes errantes qui se sont croisé dans le plus pur et merveilleux des hasards. C’est comparable à une histoire que j’ai lu une fois. L’existence de deux personnes est comparable à deux droites; parfois, deux personnes s’entendent très bien ensemble, mais il n’y a aucun contact, à la manière de deux droites parallèles. Elles ne font que poursuivre leur chemin, stoïques, sans que ça n’aille plus loin. D’autres fois, comme nous, une extraordinaire union se forme, lors de la rencontre d’êtres complémentaires. Malheureusement, nous ne sommes que des droites sécantes. Nous sommes faits pour ne maintenir cette intense connexion qu’un court instant avant de s’éloigner l’un de l’autre à jamais. Ne trouves-tu pas que c’est triste?

Ainsi, comme je disais, dans une lente et subtile immersion, nous nous sommes liés d’amitié. Un lien inexplicable d’une incommensurable force s’était créé entre nous. Nous passions notre temps ensemble; jour et nuit, c’est le cas de le dire, à cause du décalage horaire. En réalité, je t’avouerai que tu me connais comme personne d’autre. La confiance absolue que j’avais en toi faisait en sorte que tu étais mon parfait confident. À un moment, notre bonheur était tel que nous avions commencé à avoir des projets : se rencontrer en vrai pour se voir, passer du temps ensemble, se câliner, se caresser, se connaître au le sens biblique du terme…

J’ai eu la chance de passer deux hivers à tes côtés. Si tu savais à quel point il fait froid dans mon pays. Cependant, tu étais là et tu me réchauffais. À la manière d’un chocolat chaud, tu étais doux et chaleureux à l’endroit de mon âme. Ta présence a su faire une grande différence, je t’assure. Ah! cette accoutumance, j’en paierai le prix au retour de cette rude saison, cette année; je devrai apprendre à l’affronter, à nouveau, mais seule.
Ce sera dur, j’aurai froid.

Les choses changent, nous avons changé.

Malgré tout cela, malgré que nous ne nous parlons presque plus, malgré que tu sois plus grand, plus vieux et plus fort que moi, tu restes mon petit protégé.

Sache que tu comptes énormément à mes yeux, et qu’à l’instant que tu réquisitionneras ma présence, je serai à tes côtés. Tu es important pour moi, je ne le soulignerai jamais assez.

Nos chemins se séparent pour une deuxième et ultime fois, je le crains bien.

Prends soin de toi.



Rédigé un 19 novembre 2015 - Parce que tu m'as assurément mis sur ta liste noire...

Je m'attendais à ce que tu me déteste pour avoir parlé...

Mais si c'était pour que la personne qui compte le plus pour moi vive, j'étais prêt à accepter l'échange.

J'aurais voulu que ça se passe autrement, j'aurais tellement voulu.

Te dire désolé ne sert à rien de toute manière.

J'avoue que j'ai énormément de confiance en le système militaire, peut-être trop en fait, mais je crois qu'un soldat n'abandonne jamais son frère d'arme.

Jamais.

Ils se serrent les coudes en cas de coups durs.

J'espère que tu pourrais un jour essayer de comprendre comment j'ai raisonné... Je t'ai juré ma loyauté, je me suis juré que j'allais te protéger, mais qu'est-ce que j'aurais pu faire d'autres alors que je ne pouvais être présent physiquement?

Oui, je suis désolé...

J'irais consulter un psychologue demain... J'admets enfin, pour la première fois, que j'en ai besoin...

Adieu, mon plus cher ami. Je t'ai aimé plus que tout, plus que je ne pourrai sans doute jamais aimer quelqu'un d'autre.

Mon allégeance te va toujours. Je ne serai plus à tes côtés pour te soutenir, te voir progresser et réussir. C'est certainement ce qui va me manquer le plus, ce qui me fera le plus souffrir. Mais j'aurais toujours une pensée pour toi.

Très peu de choses peuvent me perturber en vrai, mais pour la première fois depuis plus d'un an, je pleure.

Si la Troisième Guerre mondiale éclate, revoyons-nous sur le front, tu veux bien?

Sinon, let's meet again, next time, in Paradise...


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Delta
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Bleu ciel

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Lun 23 Nov 2015 - 9:04

Petit ajout, 22 novembre 2015 – Si jamais tu me lis, un jour…

I wish I could show you, when you are lonely or in darkness,
the astonishing light of your own being. -Hafiz



Ce n’était pas de la colère qui t’as habité lorsque nous avons échangé nos dernières paroles. Du moins, je n’en avais pas l’impression. Non, c’était plutôt de la déception. Et c’est cette doucereuse résignation qui m’a fait le plus mal sur le moment… Tu m’as fait confiance, j’en suis conscient, et en retour, tu as été plus que déçu… Je suis si désolé d’avoir induit cet état-là. Savoir que tu n’accorderas sans doute plus ce genre de confiance à une autre personne, voilà ce qui me ronge également, tel un acide qui corrode inexorablement mes entrailles. Tu es un être si aimable, sensible, intelligent et fort, mais même les plus robustes d’entre nous ont besoin de quelqu’un à qui parler, eux aussi…

À mon sens, je ne pense pas que je t’ai trahi. Tu ne le perçois probablement pas de cette manière, mais je ne m’expliquerai pas ici…

Je ne te supplierai pas pour revenir, je ne suis pas ce genre de personne. De toute façon, ce sera contre ton gré, mais reste que ma porte te sera toujours ouverte. Tu pourras toujours compter sur moi quand tu le voudras. J’ai parlé une fois c'est vrai, mais ce sera la seule, je peux te le jurer…

You must love in such a way that the person you love feels free...

La vie n’est pas juste une longue succession d’évènements malheureux, tu sais. Autant j’abhorre la religion et suis aussi pessimiste que toi, tu voudrais qu’on fasse comme les croyants pendant un instant? Avoir une foi aveugle et non questionnée en un destin prédéfini qui n’existe sûrement pas? C’est confus, je sais, mais en bref, je peux résumer ça au mot « croire ». Tu penses qu’on pourrait se laisser porter par le courant un moment et croire que le meilleur est à venir, que la fatalité ne fait que nous tester présentement? C’est très "anti rationnel" comme mode de pensées et tu sais à quel point j’accorde désormais de l’importance à la philosophie, mais trop de lucidité can drive you crazy peut conduire à la folie…

Ça ne fait que 3 jours que nous avons coupé les ponts. 3 difficiles jours, par contre… Tu me manques, mais j’espère que tu vas bien, sincèrement.

Chaque occupation qui peut m'arracher de moi-même est bénie ;
mais tout le long du jour, à travers tout, son image me suit.
- La symphonie pastorale

Récemment, j’ai rencontré une nouvelle amie. Elle s’appelle Vodka. Je ne sais pas si je t’ai déjà dit que je n’aimais pas vraiment le goût de l’alcool, mais je viens de découvrir comment elle peut brouiller la réalité. En effet, avant, je ne touchais pas du tout à ce genre de poison, elle m’apparaissait comme étant quelque chose d’inutile, juste un siphon à argent. Je ne comprenais pas la sensation que ça causait, cette boule de chaleur passagère et artificielle qui remplit un vide intérieur. Mais bon, ne t’en fais pas, je saurai réguler ma consommation quand même…

J’ai encore envie de te dire tant de choses. Mes réflexions se bousculent, les mots restent coincés dans ma gorge, ça ne sortira pas bien, je le sens. Dans leur hâte d'être exprimés, ça ne donnerait qu'une masse difforme.

Peut-être te laisserai-je un autre message plus tard, peut-être je ne t’en laisserai pas, je ne sais pas.

Que le vent gonfle tes ailes et que les étoiles veillent sur toi. Porte-toi bien, mon ami.


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rebelle
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Mar 24 Nov 2015 - 7:50

Bonjour,
Je sais que ce texte est rédigé pour une seule personne, mais je voulais juste écrire un petit mot.

Déjà pour te dire que ce que tu as écris est extrêmement touchant. Jolie, malgré les circonstances.

J'espère vraiment pour toi que s'a s'arrangera, je ne sais pas si tu l'as déjà envoyer a "R".

J'ai perdu ma meilleure amie et ça me ronge de l'intérieur, de ne plus se parler, de ne pas pouvoir tout lui dire, alors que je la voit changer, vivre, avec d'autres ...

Tout ça pour te dire que je t'apportes tout mon soutien et surtout continue a écrire, parce que c'est vraiment beau, et que je sais que ça libère.

J'aime beaucoup "Que le vent gonfle tes ailes et que les étoiles veillent sur toi."

Bisous.


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Kumiko
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Sam 2 Jan 2016 - 7:48

Coucou Delta, ( ça fait longtemps n'est ce pas :p) je viens juste de voir ce que t'as écrit. Je voulais juste te féliciter pour ce texte. Il est beau, il est fort. Les mots touchent directement le coeur et même les "écarts", les mots qu'on ne voit pas dans une oeuvre littéraire classique (tu sais, ces mots que ton prof de lettres n'aime pas voir sur les copies ^^), même ces mots là sonnent comme des figures de style: ils donnent un certain réalisme qui empecherait le texte ... de ne pas toucher. Rah, je sais vraiment pas m'exprimer, c'est terrible! Toujours est-il que lettre fictive ou catharsis joliement executée, ces textes sont magnifiques et touchants Smile

(J'ai reconnu certaines citations qui me touchaient déjà toutes seules, mais avec le texte, c'est top!)


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Bleu ciel

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Dim 29 Mai 2016 - 14:17

Merci Rebelle et Kumi. L'intention n'était pas nécessairement de toucher, mais si c'est le cas, content que ça vous plaise.
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Il y a une chose que je ne comprends pas. L’amour et la haine sont deux sentiments à la fois si opposés, mais aussi indissociables. Combien de fois ne sommes-nous pas tombés sur des textes écrits à la suite de ruptures amoureuses traitant l’être autrefois aimé avec mépris et rancœur? « Le con, le chien, l’salaud. Pas d’gentillesse, pas d’souvenirs tendres. » Comme si, pour se faire à l’idée que la souffrance endurée n’était pas justifiée, on ressentait le besoin d’écraser l’autre, de l’étiqueter de toutes les tares possibles. Il n’en valait pas la peine, il est juste comme les autres. Je mérite mieux, ce n’était qu’un profiteur, etc. En s’accordant autant d’importance, ça revient également à presque dire qu’on était parfait, que tout tort ne nous est attribuable d’aucune manière. Et pourtant, c’est cette même personne qui, pendant un instant de notre effrénée existence, avait réussi à nous faire chavirer, à nous faire sentir plus que vivant, celle-là même qui nous avait comblé au point où nous pensions avoir atteint le tant recherché bonheur. N’a-t-on pas oublié tout ce qu’elle nous avait fait ressentir? Comment toute cette vision jadis si idyllique a pu avoir été à ce point tordue? Comment ce point de rupture peut-il être si soudain, sans considération pour les paramètres en arrière? Je conçois qu’il s’agit probablement d’un mécanisme de défense pour éviter de finir étouffé sous notre propre monde tout d’un coup écroulé, mais le plus ironique dans cette histoire, c’est que sous cette couche battue de fausse indifférence teintée d’arrogance, on se souci en fait encore profondément de l’autre. En effet, pour quelle raison est-ce que nous continuons à porter de l’attention à cette personne, si ce n’est qu’elle est encore très présente dans notre esprit?
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Rédigé par fragments je ne sais plus quand, tout dépendamment de l’inspiration – Tu y crois, toi, qu'on se serait connus depuis un peu plus de trois ans?

Des pages, pour toi, j’en ai noircies - sur ordinateur comme sur papier, le support n’importait pas vraiment, en vrai. Or, il fallait bien faire le tri de ce qui était un peu plus pertinent et ce qui pouvait être affiché, parmi tout ce fouillis…

Je caresse encore cette idée comme quoi tu avais été mon meilleur ami. Comme lorsque on regarde une quelconque récompense qu’on a reçue jadis, un trophée, une mention, bref quelque chose qui nous rappelle tous les bons moments y étant associés. Puis, cette vague de nostalgie en pensant que tout est bien terminé. Tout de même, quelle chance inestimable j’avais eue d’avoir pu partager ton existence pendant un moment! C'est dire, quelles étaient les probabilités que dans ce vaste univers qu’est Internet, à cet instant précis de l’histoire, nous tombions sur la même plateforme? Et qui aurait pu prévoir que nous allions si bien nous entendre, nous, deux humains qui n’avaient vraisemblablement aucune chance de se rencontrer autrement?
Il n’y a personne à remercier pour cela - ni Dieu, ni destin. Simplement le hasard, et un peu la chance. Tu sais, je me dis que cette expression que j’utilise pour te designer dans ma tête est même loin d’être représentative des faits. « Meilleur ami ». On l’entend souvent, cette appellation, pour parler d’une personne pour qui notre amitié est incomparable, unique. Mais justement, tout le monde peut l’employer trop facilement - c’est trop commun… Meilleur ami. Elle ne te rend pas justice, mais n’étant pas doué avec les mots, je ne saurais y trouver le substituant idéal. Bon sang, si tu pouvais seulement te douter jusqu’à quel point tu m’es important…

Il me manque, ce petit mot que tu employais autrefois pour m’appeler. Terme issu directement du patois de ton coin de pays, c’était si familier, et ça me faisait chaud au cœur. D’une certaine manière, j’avais l’impression que ça me rapprochait de ta contrée. C’était TA façon de m’appeler, c’était uniquement toi qui l’utilisais, et c’est désormais terminé. Certes, ça peut te paraître banal comme fait, mais tu sais, tout ce qui pourrait actuellement me rester de toi, je le chéris plus que tout. On le sait bien, le temps passe inexorablement et les souvenirs s’effritent comme les plus fiers rochers sous les humeurs de la nature. Or, comme je sens que te trahirais une deuxième fois si je n’honorais pas ta mémoire, je tente désespérément de retenir ces lambeaux du passé. C’est ardu et mes efforts ne sont pas ménagés, mais ils glissent et s’échappent comme des grains de sable entre mes doigts.

Qu'en est-il pour toi? Es-tu passé à autre chose? Dans un cas comme dans l'autre, je serais mitigé. Si tu nous oublies, et j'en serais heureux, tu n'auras plus à souffrir de ce que j'ai fait. Mais en même temps, ça serait également faire table rase de nous, comme si ça ne comptait pas, comme s'il ne s'était rien passé...

Tu me manques, tu sais. Je pourrais te le dire cent fois, mille fois, te le répéter à l’infini, que la formule ne changerait pas. On ne peut pas changer le passé, ça, je l’ai parfaitement compris, mais je voudrais tant avoir l’opportunité de te voir ne serait-ce qu’une première et dernière fois. Pour te dire quoi? En vrai, je ne sais même pas. Probablement pour te sourire bêtement, te serrer dans mes bras de toutes mes forces dans un effort désespéré de te communiquer tout l’affection et l’amour que je ressens, et te souffler : «Je crois en toi, en ce que tu fais et feras. Prends soin de toi.» Puis, sur cette note finale, dont la symphonie achevée résonne continuellement dans mes oreilles et trouve écho dans mon âme, je pourrai peut-être accepter que ce soit fini. Mon cher ami, je te souhaite le meilleur pour la suite.

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Bleu ciel

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Mar 14 Mar 2017 - 18:07

Rédigé un 14 mars 2017 - Ex nihilo: dernier chapitre...

J’ai l’impression que le sujet s’est tari avec les mois. Mon inspiration n’est plus alimentée, comme elle l’a été autrefois, par un torrent continu et tumultueux de pensées, souvent indissociables, toujours criantes de passion. On aurait dit que le débit s’est tout simplement graduellement amenuisé. Plus qu’une petite notice griffonnée par moment sur ce qui me passe sous la main. Sans doute l’oeuvre du temps.
Le temps qui panse les plaies et guérit les maux…

Que tu le saches ou non, tu as grandement participé à forger ce que je suis devenue aujourd’hui. En fait, toutes rencontres que nous faisons nous marquant chacune d’une manière unique, nous sommes, pour ainsi dire, des patchworks de tranches de vie. En empruntant ici et là des manières, des habitudes ou des expressions, c’est aux côtés des personnes que nous côtoyons que nous nous construisons. Tu sais, ce que tu m’as laissé, ou plutôt, ce que tu m’as fait réaliser, c’est que les valeurs et qualités qui m’importent - celles qui, aux côtés d’autres, me définissent et tracent désormais mon futur - sont la sensibilité, l’amour et l’abnégation.

À travers toi, j’ai choisi de dédier ma vie aux autres.
Partager et donner de mon temps, de mon écoute, de ma compétence, de moi-même.
Toujours agir avec bonté pour apporter un peu de douceur à ce monde.
Autant que je pourrai, jusqu’à ce que je ne puisse plus.
À travers toi, d’autres recevront de l’assistance.

De longues heures et des efforts considérables m’ont été nécessaires pour le comprendre, mais j’ai finalement saisi que tu n’es plus qu’un souvenir. Une douce réminiscence certes, à laquelle on aime se raccrocher pour se réconforter, mais aussi un mirage d’une époque perdue.  

Allez, c’est terminé pour moi. Il fallait s’y attendre je crois; je devais bien lâcher prise à un moment ou à un autre, tant pour mon bien-être que pour celui des autres. Mais reste que tu auras toujours une place dans ma tête et dans mon coeur, je te le jure.

Bonne vie, mon très cher ami.

Merci pour tout.

Merci d’avoir été toi.



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