Bubulle
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Bleu Marine

Masculin Age : 21
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Mer 24 Oct 2012 - 5:18

Coucou les poneys !

Je suis en option français (L si vous voulez), et j'ai dû écrire le début d'une histoire avec une situation de base. Comme j'aime bien mon personnage, j'ai décidé de faire ma propre histoire, et voici donc le début (pour le lycée donc):

L’orage grondait et la foudre déchirait les nuages de sa sombre lueur. Clyde Parker attendait, impatient, le métro dans la seule station à ciel ouvert de la ville. L’abribus minable et tagué de dessins sans aucune puissance artistique était bondé de personnes qui souhaitaient se protéger des litres d’eau qui tombaient du ciel et ruisselaient furieusement dans les rues. Ce serait un orage très violent, avaient-ils dit à la radio que Clyde avait récupéré dans la rue. Il était moins de 8h du matin, mais il était en pleine forme ; il ne lui suffisait que de trois heures de sommeil pour être reposé.
Clyde tentait vainement de se protéger de la pluie avec le parapluie qu’il avait trouvé la veille au rez-de-chaussée de l’immeuble mais, comme il s’en doutait, le châssis était cassé et ne fonctionnait plus.
Un de ses passe-temps favoris était de regarder les gens et de deviner leurs vies à travers leurs apparences. Il observa attentivement cet homme aux yeux blasés, de ceux qui ont perdu le goût de la vie, sans doute venait-il de son travail. C’était une chose qui ne risquait pas d’arriver à Clyde, puisque sa vie d’artiste lui permettait d’être libre comme l’air. Il regarda cette blonde qui déroulait sa vie au téléphone à sa meilleure amie Cynthia – Clyde avait entendu le prénom de la bouche de la blonde. Elle empestait le parfum de luxe, et cette effroyable odeur de faux propre réveilla Clyde de ses pensées. Si le métro n’arrivait pas bientôt, l’entrée du bâtiment abandonné où il devait aller peindre aujourd’hui serait fermée et il ne pourrait plus y accéder avant demain. C’était un projet très ambitieux, sur une toile immense récupérée à la décharge, une reproduction abstraite mêlant peinture, dessin à la bonbonne, au pastel et au fusain de la scène du thé d’Alice au pays des merveilles. Clyde en discutait depuis plusieurs semaines maintenant, mais il avait fallu trouver l’argent pour acheter les matériaux, trouver la toile, et enfin, trouver un endroit assez grand et discret pour pouvoir y déployer la toile en paix.
Soudain, son attention glissa sur la silhouette élancée d’une femme sous l’abribus. Elle était de dos mais lui évoquait un souvenir à demi-oublié, ceux qu’on peine à se rappeler le jour venu, le genre de souvenirs qui ne revient qu’en rêve. La femme lui rappelait sa mère, disparue quand il avait sept ans. Clyde s’en rappelait comme si c’était hier : son père avait dit qu’elle était partie avec quelqu’un d’autre et qu’elle n’aimait pas la vie de famille avec son mari et son fils. Clyde avait pleuré. C’était le seul jour où il avait pleuré.
Clyde tritura avec nervosité son pendentif inca. Le métro arriva enfin. Clyde constata avec colère que ce n’était pas le bon : il devait prendre le A et c’était le E, qui allait à l’autre bout de la ville. Cependant la dame décida que ce serait ce métro qu’elle prendrait. Elle avançait vite, à la manière du lapin blanc qui désigne sa montre à gousset parce qu’il est en retard. Il ne la rattrapait pas. Ce fut seulement à l’instant où les portes se fermèrent qu’elle se retourna – elle portait un foulard en cachemire bleu, remarqua-t-il. Clyde se figea. Son enfance endormie se réveilla d’un long sommeil et hurla, hurla à s’en déchirer la plus minuscule parcelle de poumon.
C’était sa mère.

Clyde Parker.



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